Capire o interpretare (osservazioni su Celan)

Claude Cazalé Bérard

Abstract


La traduction de la poésie de Paul Celan pose la question et le défi de
l’incommunicabilité, du moins au premier contact. Michele Ranchetti, qui a publié la
traduction de deux recueils des poésies inédites Conseguito silenzio, et Sotto il tiro di
presagi (les deux publiés chez Einaudi), décrit les complexes travaux d’approche qui
lui ont permis d’accéder à la compréhension profonde des textes celaniens. Une
révélation décisive lui est venue de la lecture des souvenirs d’Ilana Shmueli,
évoquant le dernier voyage de Celan en Israël, l’ami retrouvé, les poésies écrites par
le poète à son retour à Paris, peu de temps avant sa mort tragique. La lecture de ce
texte a non seulement permis au traducteur de replacer les poèmes dans leur contexte
existentiel mais aussi d’en saisir le sens caché. Le saisissement a été tel qu’il a
éprouvé le désir de rencontrer l’amie de Celan et d’approfondir encore davantage les
raisons intimes de l’écriture. Un effet analogue, bien que beaucoup plus limité,
découle d’une rencontre entre Peter Szondi – peutêtre
le plus grand critique littéraire
allemand de la première moitié du siècle passé et
Celan : de cette journée est née
une fameuse poésie de Celan, très obscure à une première lecture, mais qui s’éclaire
avec le témoignage de Szondi. Ce travail de mise en résonnance de documents
biographiques et autobiographiques (les lettres) a été poursuivi lors des traductions
successives, en particulier à propos de la relation amoureuse et tourmentée avec
Ingeborg Bachmann. C’est d’ailleurs Celan luimême
qui autorise cette double
lecture, en se présentant comme un « poète réaliste », qui tire son inspiration des
expériences intensément vécues. L’apport des lettres, dont la parution continue,
longtemps après la mort du poète, est en effet capital pour comprendre, la difficulté
de ses rapports avec Gisèle, son épouse, son sentiment de plus en plus exacerbé
d’être persécuté, et après
ses appels à l’aide, certes masqués (Adorno) et la vaine
tentative d’obtenir de Heidegger une explication de son adhésion au nazismesa
descente irréversible vers le suicide.
Claude Cazalé Bérard


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